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Un salaire énergétique? Instrument de réduction des inégalités.

Dernière mise à jour : 1 déc. 2020

La question du revenu universel ou d’un revenu de base sans contrepartie est un sujet récurrent. C’est pourquoi il semble intéressant de différencier revenus et salaires. En effet, le revenu peut être considéré comme le fruit d’une vente , d’une rente ou la résultante d’une situation particulière. On peut donc parler de revenus pour une entreprise, des profits financiers ou même d’aides étatiques.

Le salaire lui est le potentiel réalisé de qualifications individuelles. C’est-à-dire qu’il s’applique, par définition, au salarié, le considérant comme une personne douée de qualité, ses qualités donneront un salaire.

Le revenu universel ou tout autre revenu sans condition pose bien évidemment la question du financement. L’augmentation des taux de rendement dans certains secteurs comme la finance ou le digital pourrait donner l’idée qu’une taxe servirait une meilleure redistribution. Cette logique, bien que tentante, pose plusieurs problèmes. Tout d’abord ses industries étant globalisées il faudrait qu’une telle taxe le soit également. Deuxièmement, un tel revenu pourrait réduire l’individu à sa seule fonction de consommateurs. Même s’il est vrai que depuis le début de son histoire Homo sapiens sapiens a toujours tenté de minimiser ses efforts pour vivre. De l’utilisation d’outils en passant par l’agriculture, puis la révolution industrielle et maintenant l’intelligence artificielle, les utilités mécaniques de l’homme sont limitées. Néanmoins si cette recherche continue a comme idéal une société d’oisifs, l’individu a en lui un contre-pouvoir qui le pousse à être utile afin de trouver sa place dans la société. La reconnaissance sociale est un puissant moteur. Il nous semble donc plus judicieux de créer les conditions équitables à la génération d’un salaire pour tous. Une sorte de droit universel a travaillé.

Qu’en est-il si nous appliquons cette définition à la monnaie énergétique et à la dotation ? Est-ce une sorte de revenu universel ou un salaire énergétique? En fait aucun des deux, la position de départ de la dotation est neutre, c’est-à-dire qu’elle permet un arbitrage dans les biens, mais ne peut pas être considérée comme un revenu ou un salaire. En revanche il peut devenir un salaire. Cette magie s’opère par le fait qu’un individu utilisant ses qualités de sobriété énergétique, d’ingéniosités dans des procédés moins énergivores ou d’arbitrages favorables, peut, en l’occurrence, sous-consommer cette dotation et donc revendre ce reliquat. D’autres agents économiques, préférant travailler dans la génération de valeurs classiques, celles que nous retrouvons dans le PIB, achèteront ce reliquat de dotation afin de pouvoir consommer leur surplus de salaires ¨classique¨. C’est donc bien les qualifications de l’individu qui lui génère un salaire énergétique convertissant l’épargne énergétique en un potentiel de monnaie classique, la dotation initiale n’est là que pour créer des conditions favorables.

Ce mécanisme pourrait de facto réduire les inégalités. Si nous prenons comme hypothèse, qu’un étudiant ou un retraité consomme moins d’énergie qu’un cadre supérieur. Cela crée une opportunité de rééquilibrage par un transfert de la monnaie énergétique vers la monnaie classique entre ces différentes populations.

Y a-t-il un risque de créer des esclaves énergétiques servant des maîtres carbonés? Nous ne le pensons pas, car la rencontre des différents besoins en matière énergétique et des désirs de vie se fera sur un marché de gré à gré. C’est-à-dire qu’une personne peut choisir librement de sous-consommer son quota afin de pouvoir le revendre dans le but d’acquérir certains biens. De manière concrète, cela peut revenir à passer du temps à lire un livre et faire des balades afin d’ épargner de la monnaie énergétique. Cette épargne est revendue sur le marché pour obtenir des euros permettant l’achat d’un vélo. De l’autre côté de ce marché, il y a une personne, aisée financièrement, qui achètera ce reliquat pour réaliser un grand voyage. Aucun jugement de valeur n’est porté sur sa vie carbonée, puisqu’au niveau de la planète, il y a un équilibre.

De la même manière qu’il soit nécessaire de découpler la production de valeur et la consommation énergétique, il est nécessaire de découpler les désirs de vie et la consommation énergétique. La seule manière de réaliser cela est au travers d’un marché libre.

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